histoire
Histoire
Situation géographique
L'archipel des Comores est situé dans le canal du Mozambique, entre la côte est-africaine et la côte nord-ouest de Madagascar.
Il est composé de quatre îles : la Grande Comore ou Ngazidja, la plus occidentale, Mohéli ou Mwali, Anjouan ou Ndzwani, enfin la plus orientale, Mayotte ou Maore, sont posées comme les pierres d'un gué entre le continent africain et la Grande Ile malgache.
Les habitants de l'archipel comorien sont musulmans, ils suivent l'islam sunnite de rite chaféite. La religion islamique fait partie des valeurs de base de la culture comorienne. Le droit personnel est régi, dans les quatre îles et malgré les différences de situation politico-administrative, selon la sharia par des cadis siégeant dans chaque ville ou commune. Mayotte fait encore partie des territoires français d'outre-mer, tandis que les trois autres îles constituent, depuis 1975, la République fédérale islamique des Comores (actuel Union des Comores).
L'histoire des institutions sociales s'est développée dans un processus de sédimentation de plusieurs états d'organisation de la famille et de la société. Les Comores ont d'abord fait partie d'une aire d'organisation matrilinéaire qui englobait l'Afrique bantu s'ouvrant par la côte est. Des populations d'origine bantu et même prébantu ont constitué les couches anciennes de la population comorienne.
L'archipel s'est trouvé ensuite sur le parcours du développement de la civilisation swahili, côtière, marchande et islamisée, puisant sa dynamique dans des échanges maritimes intenses. Des populations islamisées arabo-persanes, métissées par leur installation plus ou moins longue dans des établissements de la côte africaine, introduisirent la religion islamique dans l'archipel et répandirent un nouveau modèle juridique du mariage et de l'organisation familiale.
Composition de la population
L'islam s'est surimposé à l'état ancien d'organisations et a introduit de nouveaux ordres sociaux, comme la catégorie des charifs.
Actuellement, on observe une répartition des traits matrilinéaires et patrilinéaires dans les divers domaines de l'organisation sociale comorienne : filiation, héritage des biens, succession aux titres, mode de résidence, détention de l'autorité.
La composition hétérogène de la population explique aussi les différences dans l'organisation familiale qu'on peut observer au sein de classes sociales distinctes.
L'habitat est groupé en villes et villages qui forment des entités humaines et sociales hiérarchisées et ayant leur propre histoire. Les Comoriens vivent encore essentiellement d'agriculture et de pêche. Du point de vue symbolique, la communauté humaine du village se distingue du monde de la brousse et de la mer, espaces auxquels les croyances traditionnelles attribuent des occupants issus du monde invisible, esprits ou djinns, avec lesquels les êtres humains peuvent parfois entrer en relation.
La ville ou le village est construit et aménagé selon la logique et les valeurs d'un espace social, où se positionnent les diverses familles, et où les individus participent à une société masculine ou féminine clairement distincte l'une de l'autre.
Parenté
Dans les quatre îles, la résidence postmaritale est uxori-matri-locale : le mari réside chez sa femme (résidence uxori-locale), les enfants naissent chez leur mère, et se marient eux-mêmes ensuite uxori-localement. C'est un élément constant, quelle que soit l'origine géographique ou la position sociale des familles. Il existe des traits complémentaires à cette matrilocalité en ce qui concerne la transmission de certains biens : il s'agit de biens « féminins » immeubles : maison familiale et parcelle cultivable, et de biens meubles comme les bijoux et certains objets domestiques, qui se transmettent tous de mère en fille.
La parenté constitue un système de repérage social qui s'effectue par la terminologie. Celle-ci indique les conduites : d'évitement, de respect, de plaisanterie, que l'on peut avoir selon les types de parents (Segalen 1981 : 59).
Dans la terminologie classificatoire des Comores, le père et ses frères sont tous nommés père, et la mère et ses sœurs sont toutes nommées mère. Ce principe étant appliqué avec une extension correspondant à l'activation des relations parentales, « il permet de reconnaître comme parents un grand nombre de personnes et de les classer dans un nombre relativement limité de catégories. Au sein d'une même catégorie, on distingue les parents proches des parents éloignés » (Radcliffe-Brown 1953 : 10).
Dans la vie quotidienne, la plupart des relations sociales sont donc immédiatement caractérisées en termes de relations de parenté, et l'organisation sociale est réglée par les groupes de parenté au sein de l'espace social du village.
